Qui fait quoi

Les structures et les professionnels qui interviennent dans la prise en charge de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte sourd

Audioprothésiste

 La profession est mal connue du grand public. Dans une enquête Sofres auprès de 500 personnes en 2003, 1 % des sondés est en mesure de citer le nom du spécialiste de l’appareillage auditif. La profession existe pourtant officiellement en France depuis la loi du 3 janvier 1967 : “Est considérée comme exerçant la profession d’audioprothésiste toute personne qui procède à l’appareillage des déficients de l’ouïe…. Nul ne peut exercer la profession d’audioprothésiste s’il n’est titulaire du diplôme d’Etat (spécial) ou du diplôme d’Etat de docteur en médecine”.

L’audioprothésiste est un auxiliaire paramédical, astreint au secret professionnel. Il intervient sur prescription médicale préalable et obligatoire d’un médecin généraliste ou d’un ORL . L’audioprothésiste a l’entière responsabilité du choix de l’appareillage, de son adaptation, sa délivrance, du contrôle d’efficacité immédiate et permanente de l’aide auditive et de l’éducation prothétique du patient appareillé.

La profession compte environ 1500 d’audioprothésistes, qui exercent une activité commerciale avec inscription au registre du commerce soit de manière exclusive, soit de manière complémentaire à une activité de pharmacien ou d’opticien.

Formation

Le diplôme d’Etat d’audioprothésiste est obligatoire pour exercer la profession. Il se prépare dans des centres de formations à Fougères, Lyon, Montpellier, Nancy ou Paris, après l’obtention du Baccalauréat (de préférence scientifique) ou d’un titre équivalent, et la réussite à l’examen d’entrée. Depuis 2001, la durée des études d’audiologie prothétique est fixée à 3 ans au lieu de 2 précédemment. Les stages en milieu professionnel constituent plus de la moitié du volume horaire de la formation. Les audioprothésistes peuvent ensuite suivre des formations complémentaires : diplômes d’université ou attestations d’études, en audiométrie (Paris – Trousseau, Bordeaux, Lyon), réglage d’implant (Paris – St Antoine) et dans la déficience auditive de l’enfant notamment.

L’appareillage de l’enfant

Il est particulièrement délicat. Il doit être confié à un audioprothésiste expérimenté, en mesure d’assurer sur le plan technique la meilleure adaptation possible, mais aussi en mesure d’accompagner les parents et de travailler en réseau avec les autres intervenants.

L’audioprothésiste intervient dès que le diagnostic de surdité est posé, chez un enfant qui peut être âgé de quelques mois seulement. L’âge du premier appareillage va baisser de plus en plus, avec le développement du dépistage néonatal. Même si l’implant cochléaire est rapidement évoqué, la règle veut en France, qu’un essai d’appareillage avec des aides auditives conventionnelles soit effectué.

L’audioprothésiste doit à la fois être un technicien de haut niveau et savoir être à l’écoute des besoins de l’enfant, en respectant la primauté du lien parental. Des qualités de pédagogue sont nécessaires afin d’être en mesure de faire comprendre le fonctionnement, l’utilisation et l’entretien de l’appareil. Si le métier se technicise de plus en plus avec l’arrivée de nouvelles technologies et si la formation technique devient de plus en plus pointue, le spécialiste doit savoir rester à l’écoute afin d’informer et de conseiller les parents dans leur projet avec leur enfant sourd, en lien avec une équipe pluridisciplinaire.

“Les parents entament la démarche de l’appareillage du tout petit en pleine période de choc après le diagnostic. L’audioprothésiste doit les amener à élaborer leur démarche pour en faire une demande aussi juste que possible (…). L’équipe pluridisciplinaire joue en cette période un rôle capital pour relayer les dires des uns et des autres” B. Azéma.

Les étapes de l’appareillage

La première étape, au laboratoire, doit débuter par un dialogue très ouvert en l’audioprothésiste et les parents, qui ont de nombreuses angoisses et questions à formuler auxquelles il faut prendre le temps de répondre (“A quoi sert une aide auditive ? Et l’implant cochléaire ? quelle différence entre les deux ? Quelle efficacité ? Quel meilleur choix pour mon enfant ? etc.”). Ensuite, le professionnel effectue une observation très rigoureuse de l’enfant, dans sa globalité, et ce avec la participation et l’interaction des parents. Le spécialiste observe les réactions de l’enfant à divers stimuli.

La seconde étape est le choix de l’aide auditive, l’objectif étant de faire percevoir la parole aux deux oreilles de l’enfant. “Le choix des aides auditives et leur efficacité sont de la compétence de l’audioprothésiste et de sa responsabilité. L’appareillage est de la décision des parents : il faut respecter la primauté du lien et ne pas leur voler ce premier rôle” B. Azéma. Des contrôles réguliers sont ensuite nécessaire afin d’affiner les réglages. Les observations des parents, de l’orthophoniste qui suit l’enfant, seront prises en compte.

Sites : www.franceaudition.com ; www.audition-info.org

Annuaire Français d’Audiophonologie
11 rue St Ambroise
75011 Paris
Tel. 01 47 00 46 46 / Fax. 01 47 00 24 91
Courriel : ocep@wanadoo.fr

Codeur

 Un professionnel de la langue française au service de l’enfant sourd en intégration.

Le codeur intervient en classe pour permettre grâce (essentiellement) au code LPC, au jeune sourd :

– de recevoir l’enseignement dans une langue française précise et complète
– de faire ses acquisitions scolaires grâce à une réception “confortable” de la langue française avec le code LPC
– de participer à toutes les activités pédagogiques d’être un élève “actif” et de pouvoir bénéficier des interventions des autres élèves.

Le codeur peut aussi intervenir dans des situations de formation professionnelle, d’enseignement supérieur, de conférences ou manifestations culturelles pour permettre à des personnes qui pratiquent le LPC de suivre les cours ou les débats.

Les modalités d’intervention dans le cadre scolaire

Le codeur intervient dans le cadre d’une classe ordinaire auprès d’un ou plusieurs enfants sourds.
Il aide l’enfant dans son comportement : pour le jeune enfant, il va falloir l’habituer à exercer et soutenir son attention.
Le codeur code tout le “sonore” pour permettre à l’enfant d’être un véritable acteur au sein de la classe.
Il peut également inciter l’enfant à participer.
Il aide l’enfant à appréhender et à maîtriser la langue française :
– dans sa perception. Le codeur doit aider l’enfant à gérer les informations auditives/visuelles. Il tient compte du niveau de décodage de l’enfant. – dans sa réception. Il doit adapter la longueur et la complexité des énoncés en fonction des compétences de l’enfant
– dans la compréhension des informations envoyées. Cela peut se traduire par des simplifications de messages ( pour l’adapter au niveau de langue de l’enfant ), des explications brèves d’une notion, des propositions de synonymes…

Ne pas oublier que l’objectif est d’avoir avec l’enfant un projet d’enrichissement régulier de la langue française. Il aide l’enfant en utilisant des supports :
– gestes iconiques. Ils seront proposés aux jeunes enfants pour leur permettre l’accès au sens, si la seule langue française ne le permet pas. Attention à bien avoir en tête que le projet est un projet d’accès à la langue française. Ces gestes seront des “aides” à la langue française codée, qui reste le moyen privilégié de communication proposé à l’enfant
– l’écrit sera utilisé pour des jeunes ayant acquis la lecture/compréhension, il pourra permettre de préciser certaines notions. Cette utilisation reste ponctuelle
– la désignation, quand elle est possible, facilitera toujours la compréhension de l’enfant.

Le partenariat

Le codeur, est partenaire :
– de l’enfant sourd
– de l’enseignant, qu’il l’informe sur les capacités et les limites de l’enfant, lui fait part des difficultés rencontrées par l’enfant pendant le cours…
– du professeur de soutien, au travers de rencontres formelles, de synthèses ou de rencontres justifiées par les difficultés de l’enfant. Il est important de laisser une trace écrite des observations effectuées par le codeur
– de l’orthophoniste, au travers de rencontres formelles, de synthèses. Le codeur doit prendre en compte les compétences langagières de l’enfant en relation individuelle, en assistant à des séances de rééducation
– de la famille, en l’informant sur les besoins de l’enfant et sur ses points forts et ses points faibles
– du médecin ORL phoniatre avec lequel, le projet auditif de parole de l’enfant est revu et réajusté
– du psychologue au travers de rencontres formelles et informelles et de réunions de synthèses. Il peut aussi proposer des cours de code aux enfants entendants de la classe et aux enseignants.

Formation et certification

Une licence professionnelle de codeur est en place depuis septembre 2005 à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6). En septembre 2006, cette licence sera proposée également à Lyon 1. Pour plus d’information : http://www.alpc.asso.fr/asso02-d.htm ou licencecodeur@wanadoo.fr

Prise en charge

La prise en charge des codeurs se fait de différentes manières. Certains services spécialisés (SAFEP, SSEFIS..) ont des codeurs salariés, qui interviennent dans les classes. Dans certains départements, des associations ont été créées par des parents pour embaucher des codeurs (souvent sous forme d’emplois jeunes). Elles sont généralement aidées par des subventions lcoales (Conseil Général, Ville) et par une contribution des parents (reversement d’un complément de l’Allocation d’Education Spécialisée). Enfin, quelques codeurs ont choisi le statut d’ AVS. L’Education Nationale a embauché des codeurs sous forme d’AVS, mais ceux-ci ont rarement le diplôme de codeur.

Une enquête de l’ALPC datée de Mai 2003 fait état de 216 écoles employant des codeurs, soit 340 enfants concernés pour un nombre total de 148 codeurs (salariés ou bénévoles, à temps partiel, mi-temps ou plein temps).

A partir de l’âge de 16 ans, dans le cadre de la poursuite des études ou de la formation professionnelle, l’AGEFIPH peut accorder une aide maximale de 9150 euros par an pour rémunérer des prestations de codeurs.

Enseignant spécialisé

 Les enseignants des établissements ordinaires sont amenés à dispenser leurs enseignements auprès d’enfants sourds.

En cas de besoins, des enseignants spécialisés peuvent être mobilisés pour accompagner ces enfants sourds.

Ils ont pour mission de prévenir les difficultés d’apprentissage ou d’insertion dans la vie collective, de remédier aux difficultés persistantes d’acquisition et d’adaptation à l’école, et de promouvoir l’intégration scolaire et l’insertion sociale et professionnelle des jeunes sourds.

Concrètement, ils prennent en charge les actions concernant la communication, la parole et le langage, l’enseignement et son soutien, soit dans le cadre d’un établissement spécialisé, soit en collaboration avec les professionnels de l’enseignement ordinaire et les orthophonistes, en soutien à l’intégration.

* Extrait du Livre Blanc sur la Surdité de l’enfant, édité par Acfos.

Interprète

 L’interprétation langue des signes française- français.

Qu’est-ce que l’interprétation ?

Indépendamment des langues mises en présence, l’interprétation est un acte de communication assuré par un interprète qui tient un rôle de médiateur entre deux locuteurs qui ne partagent pas la même langue.

L’interprétation pour sourds ne déroge pas aux principes fondamentaux de l’interprétation : la théorie du sens et le processus triangulaire de l’activité interprétative c’est à dire : saisie du sens, déverbalisation et réexpression des idées.

Fonction de l’interprète

La fonction de l’interprète consiste à transmettre fidèlement le message dans son intégralité avec la plus grande impartialité.
La fidélité au message ne veut pas dire calque de la langue de départ ni totale liberté dans la langue d’arrivée mais fidélité au vouloir dire de l’auteur, à l’impression que celui-ci veut produire sur son destinataire.

Une interprétation de qualité requiert des compétences professionnelles que seule une formation de haut niveau peut garantir et que des utilisateurs sont en droit d’attendre (maîtrise des techniques interprétatives, parfaite connaissance des langues de travail et bonne culture générale).

Techniques interprétatives

L’interprétation peut être en simultané, transmission assurée au rythme du discours initial , technique courante en interprétation de conférence.

A l’interprétation en consécutive, interprétation différée nécessitant la prise de note pour l’interprète, méthode plus fréquente pour les interprétations des langues vocales, est préférée l’interprétation en semi-consécutive. Celle-ci est la plus usité en interprétations de liaison (personnes sourdes ou entendants autochtones). Les échanges sont le plus souvent de nature : questions réponses ; ils n’excèdent pas plus de deux à trois phrases en même temps, donc mémorisables sans prise de notes.

A ces techniques interprétatives, il importe d’ajouter la prise en notes, méthode sollicitée principalement par les devenus sourds.

Les besoins en interprétation pour sourds ont considérablement évolué en 30 ans : multiplication des demandes en milieu judiciaire, en interprétation de liaison et surtout en interprétation de conférence (congrès, séminaires, cours, stages, discours politiques, voyages culturels…)

Les spécificités de l’interprétation pour sourds sont surtout le fait :
-du confrontement d’une langue à caractère vocal à une langue à caractère gestuel
-d’un décalage de volume lexical entre une langue minoritaire la L.S.F. admise relativement récemment et une langue majoritaire le français, surtout dans des domaines de haute spécificité.

Il n’existe pas d’interprétations nobles ou moins nobles, il existe de bonnes ou mauvaises interprétations.

Formations

Pour plus d’informations sur les formations d’interprètes LSF, vous pouvez consulter le site : http://surdite.lsf.free.fr/interprete.htm

ORL

 Le médecin ORL procède chez l’enfant sourd à l’examen clinique de l’oreille et aux tests audiologiques.

C’est lui qui pose le diagnostic de surdité, qui évalue le degré de la perte auditive et prescrit un appareillage.
C’est donc à lui que revient la tâche d’annoncer le diagnostic de surdité aux parents, de les orienter vers les spécialistes appropriés pour l’appareillage et la prise en charge de l’enfant, puis de proposer un bilan étiologique.

Enfin, il assure un suivi régulier de l’audition. Le spécialiste ORL est formé pour le diagnostic et le traitement médical et chirurgical des maladies des oreilles, du nez, du larynx et de la gorge. L’otologie et l’audiophonologie de l’enfant ne représentent hélas qu’une petite partie de la spécialité.

Son intervention auprès des enfants sourds nécessite une formation complémentaire théorique et pratique pour approfondir l’audiologie infantile et la génétique en particulier, et pour aborder des disciplines non enseignées dans les facultés de médecine (phonétique, linguistique, psychologie…) nécessaires à la compréhension de la surdité de l’enfant.

* Extrait du Livre Blanc sur la Surdité de l’enfant, édité par Acfos.

Orthophoniste

 L’orthophoniste intervient dans la prévention, l’évaluation, le traitement des déficiences et des troubles de la communication, de la parole et du langage oral et écrit.

L’orthophoniste intervient sur prescription médicale. Après avoir réalisé un bilan orthophonique lui permettant de poser son diagnostic et un ou plusieurs entretiens avec le patient – et la famille s’il s’agit d’un enfant – il envisagera son projet de rééducation.

Le domaine d’intervention est très varié. Il concerne les enfants, les adultes, les personnes âgées, atteints de troubles divers : troubles de la voix (chanteurs, professeurs…), adultes ou privés de leurs facultés d’expression ou de compréhension (surdité, aphasies, accidents cérébraux, maladie d’Alzheimer, etc), enfants ayant des difficultés d’apprentissage de la lecture, de l’orthographe, de l’écriture ou du langage logico-mathématique, enfants souffrant de divers handicaps entraînant des troubles de l’expression orale et/ou écrite : trisomie, autisme, infirmité motrice cérébrale, surdité.

C’est une profession en constante évolution au carrefour de nombreuses disciplines : pédagogie, psychologie, neuropsychologie,… l’orthophoniste doit se tenir au courant des avancées et des recherches.

Formation et diplôme

La formation en 5 ans est sanctionnée par un diplôme d’Etat d’orthophoniste (1 640 heures de formation théorique et 1 200 heures de stages pratiques). Les Ecoles d’orthophonie sont installées dans les Facultés de Médecine de Paris (Pitié-Salpétrière), Lyon, Bordeaux, Aix-Marseille, Toulouse, Nancy, Nantes, Montpellier, Tours, Lille, Besançon, Nice, Strasbourg.

Il y a environ 12 000 orthophonistes en exercice. Le numerus clausus fait que l’examen d’aptitude est devenu un concours très sélectif. Le déficit en orthophonistes commence à se faire sentir. La profession connaissant comme les autres un nombre important de départs à la retraite, le nombre d’orthophonistes en formation est insuffisant. Pour l’année 2002-2003 il était pour la France de 526 (87 postes pour l’Ile-de-France).

L’orthophoniste et la surdité de l’enfant

Le domaine est trop vaste pour qu’un orthophoniste puisse aborder dans ses études de manière approfondie, l’ensemble des pathologies et les outils utiles. Par exemple, un orthophoniste n’apprend pas au cours de ses études, la LPC ou la LSF.
C’est au cours de leurs stages et en choisissant le sujet de leur mémoire, que les futurs orthophonistes commencent souvent à se spécialiser.

Dans le cas des surdités précoces de l’enfant, il est indispensable de s’adresser à des orthophonistes expérimentés.

L’orthophoniste est un des premiers intervenants sollicités dès que le diagnostic est posé par le médecin ORL . C’est dire qu’il a un rôle majeur dans l’accompagnement des parents au moment de la découverte de la surdité. L’orthophoniste (dans 96 % des cas une femme) sera souvent l’interlocutrice privilégiée de la famille qui lui posera plus facilement des questions qu’au médecin.

Rôle

“L’orthophoniste n’est pas un donneur de conseils, mais une personne-ressource qui met à la disposition des familles ses connaissances afin que chacun puisse trouver à son rythme les moyens d’entrer dans le langage et la lecture”. Annie Dumont

– accompagner de la famille
– au vu de l’audiogramme faire un projet d’éducation auditive
– faire un bilan des compétences communicatives du jeune enfant sourd
– mettre en place une communication adaptée à l’enfant et à la famille
– construire un projet de langage
– travailler la parole, le rythme, l’intensité, la mélodie, la voix

Champ d’action

L’orthophoniste exerce soit :
– à titre libéral (environ 68 %); en règle générale, il s’occupera alors de plusieurs pathologies
– Exercice salarié (22 %) dans une équipe pluridisciplinaire dans un service hospitalier, un centre de réadaptation, un service d’enseignement spécialisé (SAFEP, SSEFIS…)
– Exercice mixte (10 %)

La prise en charge individuelle de l’enfant sourd en libéral et en milieu hospitalier relève d’une prescription médicale indiquant la nature du traitement ainsi que le nombre de séances.
En centre ou service spécialisé, l’orthophoniste fait partie de l’équipe, qui travaille sous la responsabilité du médecin ORL ou Phoniatre. A côté des séances individuelles, il peut être amené à travailler l’audition, la parole, la langue orale et écrite avec un petit groupe d’enfants.

Partenariat

Selon que l’orthophoniste travaille en libéral ou dans une équipe, les partenariats s’organiseront plus ou moins facilement, mais il doit toujours tenir compte de :
– l’enfant d’abord en évaluant ses compétences et en faisant régulièrement des bilans de parole et de langage afin de poursuivre et réajuster son projet
– la famille en l’associant au projet
– l’audioprothésiste pour affiner l’appareillage
– le médecin prescripteur afin de revoir le projet
– l’école avec laquelle il reste en lien pour connaître l’évolution de l’enfant au sein de ses pairs
– le psychologue si l’enfant est suivi en psychothérapie.

Liens : éducation auditive – LPC – LSF – méthode verbo-tonale – langue – parole – voix
Interviews : Une orthophoniste en SESSAD : Clotilde Faure – SESSAD de Pau
Une orthophoniste en libéral Aline Bottex -Poitiers

REFERENCES
Texte de référence : nouveau décret de compétences n° 2002 du 2 mai 2002 – JO du 04.05.2002

FNO (Fédération nationale des orthophonistes)
2 rue Deux Gares 75010 PARIS
tél :01 40 35 63 75/fax : 01 40 37 41 42
Site : http://www.orthophonistes.fr

CPLOL (Comité permanent de liaison des orthophonistes/logopèdes de l’union Européenne)
2, Rue des Deux Gares, F-75010 Paris
Courriel : info@cplol.org

UNADREO (Union Nationale pour le Développement de la Recherche et de l’Évaluation en Orthophonie)
11 avenue Joël Le Theule, BP 145 72303 SABLE sur Sarthe Cedex
Courriel: unadreo@wanadoo.fr

Fédération des Orthophonistes de France
36, rue Pablo Neruda 35700 RENNES
Tél. : 02 23 20 69 43
Site : http://perso.wanadoo.fr/f.o.f/
Courriel : F.O.F@wanadoo.fr
Fédération des orthophonistes se réclamant de la méthode Chassagny

Professeur de sourd (CAPEJS)

Rôle

Le professeur de sourds est chargé de :
– l’enseignement des matières fondamentales auprès d’enfants sourds en adaptant une pédagogie spécialisée à la déficience auditive.
– prendre en charge le développement de la communication en tenant compte de l’évolution de l’enfant.
– favoriser au maximum et dans la mesure des possibilités de l’enfant sourd l’acquisition de la langue française orale et écrite dans leurs formes expressive et réceptive.
– permettre à l’enfant sourd d’avoir accès aux connaissances et de réaliser ses acquisitions scolaires comme l’enfant entendant et si possible avec le moins de décalage en se référant aux programme de l’Education nationale.

Champ d’action

Le professeur de sourds intervient dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire du niveau maternel au lycée. Il peut être amené à assurer ses fonctions de manières différentes suivant le centre où il travaille. Il s’inscrit dans un projet d’établissement avec un projet individuel ré ajustable pour chaque enfant.

Il peut intervenir :
– dans le cadre d’un CAMSP (Centre d’Action Médico-Social Précoce) ou d’un SAFEP (Service d’Accompagnement Familial et d’Education Précoce) dans le tout début de la prise en charge de l’enfant sourd. Il a une action auprès de très jeunes enfants. Il travaille en lien avec la famille et l’équipe pluridisciplinaire afin de mettre en place le projet de communication qui correspond au mieux au choix de la famille et à l’enfant. Cette action se fait en séances individuelles et en séances collectives afin de développer la communication, l’audition, la parole et le langage.

– en SSEFIS (Service de Soutien à l’Education Familiale et à l’Intégration Scolaire), il assure le suivi de l’enfant sourd en intégration, en liaison constante avec le professeur des écoles qui accueille l’enfant dans sa classe. Il soutient l’enfant dans ses acquisitions en anticipant, en reprenant et en entraînant les apprentissages. La prise en charge est individuelle. Il peut aussi assurer le travail individuel de l’audition, de la parole et du langage. Il intervient dans l’école d’intégration.

– en centre spécialisé dans le cadre d’une SEES (section d’Education et d’Enseignement Spécialisés). Les apprentissages scolaires se font en classe à effectif réduit. L’objectif étant le développement scolaire avec le moins de décalage et cela en lien avec les programmes de l’éducation nationale. Il assure le travail d’audition, parole, langage.

Partenariat

Le professeur de sourd est partenaire :
– de l’enfant sourd en l’accompagnant et en l’évaluant de la famille en l’impliquant dans le projet de l’enfant, en la rencontrant à la demande de l’un ou de l’autre et en la tenant au courant des progrès et des difficultés de l’enfant.
– de l’orthophoniste au travers de rencontres formelles et informelles et de réunions d’équipe.
– de la psychologue au travers de rencontres formelles et informelles et de réunions d’équipe.
– du médecin ORL Phoniatre avec lequel le projet auditif et de parole de l’enfant est revu et réajusté.
– du codeur ou de l’interprète en LSF qui l’informe de la manière dont l’enfant s’approprie les connaissances, utilise ses compétences et se comporte dans le groupe classe cela quand il s’agit d’enfant en SSEFIS

Les outils

– le L.P.C. ( langage parlé complété )
– la L.S.F, (langue des signes française ) et français signé
– la verbo-tonale pour la voix et la parole
– les supports visuels( objets concrets, images, schémas, croquis, tableaux, illustrations … )
– l’informatique : pour le travail de la parole le speech viewer, des CD pour le travail del’audition ainsi que des CD pédagogiques.

Formation et diplômes

Formation CAPEJS qui s’effectue à Chambéry en 2 ans après obtention d’une licence. Elle ne peut débuter que lorsque le candidat a trouvé un stage pratique, elle est sanctionnée par un diplôme d’Etat.

Qualités

Connaissance de l’enfant et des conséquences dues à la perte auditive.
Etre bon pédagogue et faire preuve d’inventivité.
Etre à l’aise dans les contacts.
Etre à l’écoute.
Savoir travailler en équipe.

Le professeur des écoles titulaire du CAPSAIS

L’enseignant spécialisé est titulaire du CAPSAIS (Certificat d’Aptitude aux actions Pédagogiques Spécialisées d’Adaptation et d’Intégration Scolaires) option A pour les déficients auditifs, il dépend de L’Éducation nationale.
Il peut travailler dans une CLIS : CLasse d’Intégration Scolaire pour le primaire une UPI : Unité Pédagogique d’Intégration pour le secondaire. Ces classes d’intégration scolaire permettent l’accueil d’un petit groupe d’enfants sourds, au sein d’une école ordinaire.
Il assure la prise en charge de toutes les matières pour les enfants qui ne peuvent pas bénéficier de l’intégration. Les enfants sourds sont regroupés afin de faire leurs apprentissages à leur rythme avec une pédagogie adaptée. Soit avec une aide visuelle comme le LPC et quelquefois aussi de la langue des signes. Pour certains enfants et dans certaines matières, il est possible d’aménager des temps d’intégration.

Psychologue

 La formation

La profession de psychologue relève d’un titre unique, protégé par la loi (article 44 de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 publiée au JO du 26 juillet 1985), et répond au respect par ailleurs d’un code de déontologie qui lui est propre (22 mars 1996).
L’exercice de la profession de psychologue exige l’obtention d’un D.E.S.S de psychologie ou Master 2 dorénavant. Les études universitaires longues d’au moins 5 ans sont dispensées en Faculté des Lettres et Sciences Humaines ou dans certains instituts privés. L’étudiant doit d’autre part réaliser au moins trois stages professionnalisants auprès d’adultes et d’enfants/adolescents, dont en option clinique, au moins un stage en milieu psychopathologique. Au terme du cursus universitaire, il est possible de poursuivre un doctorat de recherche.
Certains psychologues peuvent compléter leur cursus universitaire par une formation à la psychothérapie. Les psychothérapies sont diverses mais on peut toutefois dégager trois grands domaines de référence et d’écoles de formation que sont la psychanalyse avec ses thérapies individuelles et/ou familiales, les modèles systémiques qui se focalisent davantage sur les “systèmes” interactifs et communicationnels entre la personne et son entourage notamment familial, les approches cognitives et comportementales dont l’objectif directif et structuré est de changer par un conditionnement progressif les comportements inadaptés. Le titre de psychothérapeute n’est pas clairement réglementé, il est nécessaire de bien s’assurer que le psychothérapeute est psychologue ou psychiatre. Cette formation complémentaire permet au psychologue d’être à même de soulager le patient des différents symptômes psychopathologiques dont il souffre.

Pour le psychologue qui souhaite exercer dans le champ de la surdité, il n’existe pas de “spécialité” spécifique à la surdité dans le cursus universitaire; en revanche, des stages dans des lieux de soins et de prises en charge pour enfants, adolescents ou adultes sourds sont possibles, de même que choisir ce champ de recherche pour un mémoire ou une thèse. Egalement, après l’obtention du diplôme, des DU ou autres formations concernant le domaine de la surdité peuvent compléter les connaissances et la pratique. L’apprentissage de la L.S.F. et/ou du L.P.C. est à l’initiative du psychologue.

Les champs d’action

On estime à environ 45000 le nombre de psychologues en France avec une majorité exerçant dans le champ de la santé que ce soit dans le secteur public, privé ou en libéral.
Le psychologue peut exercer dans des domaines variés de la psychologie (sociale, clinique, développementale, neuropsychologie…), et dans des secteurs très divers (comme celui de la surdité par exemple) en fonction de sa qualification, définie par la formation universitaire fondamentale et appliquée, les formations spécifiques, l’expérience pratique et les travaux de recherche.
Le psychologue peut travailler auprès des enfants, des adolescents, des adultes ou des personnes âgées. Il n’intervient auprès des personnes concernées qu’avec leur consentement libre et éclairé, et réciproquement, quiconque doit pouvoir s’adresser directement et librement à un psychologue. Le psychologue n’intervient donc pas sur prescription médicale.

D’autre part, le psychologue a un statut spécifique qui le distingue des professionnels médicaux et paramédicaux. Il ne figure donc pas dans la liste des professions de santé du Code de la Santé Publique, et le paiement de ses actes ne peut être pris en compte par la Sécurité Sociale.

Le rôle et les outils

Le psychologue a un rôle sur le plan individuel. Il utilise pour cela différentes techniques qui lui permettent, en recueillant divers éléments subjectifs et objectifs au sujet de l’enfant /adolescent ou de l’adulte qui le consulte, à la fois de comprendre sa dynamique et de l’accompagner.

Il a un rôle d’évaluation à des fins de diagnostic et d’orientation. Il aide alors à faire la part des choses entre ce qui relève des processus de développement et de maturation psychologique et les troubles qui sont engagés dans un processus pathologique. Il prend en compte aussi les aspects intellectuels, instrumentaux en dégageant les forces et les faiblesses du sujet. Il repère aussi l’influence des aspects éducatifs. Il contribue ainsi à des décisions concernant celui qui le consulte, à la fois sur le plan thérapeutique, pédagogique et éducatif.

Son rôle d’évaluation et de diagnostic lui permet d’autre part de cerner les orientations à donner aux entretiens ultérieurs avec celui-ci. Les outils spécifiques du psychologue sont l’entretien, l’observation libre et les tests scientifiquement validés. Parmi les tests utilisés, on distingue les tests d’intelligence qui visent à évaluer l’intelligence globale, les tests instrumentaux qui évaluent une fonction particulière (mémoire, coordination visuo-motrice, graphisme…) et enfin les tests projectifs qui permettent de cerner la dynamique affective du sujet.

Le psychologue a aussi un rôle sur le plan institutionnel. Il est à l’écoute des problématiques professionnelles. Il participe à la mise en place d’actions préventives et thérapeutiques assurées par l’institution. Il contribue également à tous travaux, recherches ou formations.

Le psychologue dans le champ spécifique de la surdité de l’enfant

Appliqué au champ de la surdité, le psychologue peut travailler en libéral comme dans une équipe de soins et de prise en charge: service hospitalier, CAMSP, centre de soins ou institut spécialisé.
Que le psychologue exerce en libéral ou en équipe, il travaille en partenariat avec les différents professionnels s’occupant de la personne sourde, que ce soit le médecin, l’audioprothésiste, l’orthophoniste, l’éducateur, le psychomotricien, l’assistante sociale, les enseignants,… Il peut aussi être en lien avec tout autre professionnel ou collègue.

Le psychologue intervient le plus souvent au moment du diagnostic de surdité. Il est un des intervenants qui contribue à accompagner les parents, s’ils le désirent, et leur enfant, dans ce parcours difficile en les aidant à s’accommoder de la réalité de cette surdité et des besoins spécifiques de l’enfant. Il peut intervenir ensuite de manière plus ou moins ponctuelle ou régulière à chaque étape importante de la vie de l’enfant.

Le psychologue peut par ailleurs aider l’enfant dans un travail de mise en sens de sa surdité. Il peut l’accompagner dans sa construction identitaire et dans sa socialisation. Il peut d’autre part être amené ponctuellement à évaluer l’enfant par le biais de techniques spécifiques (tests,…) dans un but diagnostic ou d’orientation. Il participe aux décisions d’équipe le concernant.