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L'AUDIOMETRIE
Merci à
Didier Férard, orthophoniste en libéral, qui
nous a donné l'autorisation de reprendre des éléments
de son site Internet.
Pour
consulter l'intégralité de son site, cliquez
ici.
L’audiométrie est l’étude et la mesure de l’audition.
L’audioprothésiste est la personne qui sera chargée de vous
proposer l’appareillage le mieux adapté à la surdité de votre
enfant et qui en assurera les réglages et la maintenance.
Pour chaque fréquence on mesure l’intensité à partir de laquelle
le sujet perçoit le stimulus (seuil d’audition).
Pour un sujet entendant, le seuil d’audition est par convention
fixé à 0dB.
L’audiométrie permet également d’établir le seuil de douleur
pour chaque fréquence afin d’adapter au mieux les réglages
de l’appareillage.
Des courbes audiométriques (audiogrammes) seront établies
par l’audioprothésiste mais également par le médecin ORL qui
suit l’enfant.
Quand il s’agit de tester l’audition d’un bébé, l’audiométrie
classique n’est pas adaptée.
Comment en effet demander au bébé de nous dire s’il entend
ou n’entend pas ?
On a alors recours à des examens dits « objectifs » dans
la mesure où ils ne nécessitent pas la participation active
de l’enfant. Les examens pratiqués permettent d’enregistrer
les réponses nerveuses à un stimulus sonore envoyé au tympan
ou à la cochlée.
Il s’agit des PEA (Potentiels Evoqués Auditifs) pratiqués
le plus souvent sous simple sédatif et plus rarement sous
anesthésie. Dès que l’enfant est à même de manifester par
un geste ou une réaction le fait qu’il perçoit le stimulus
sonore, des examens subjectifs peuvent être pratiqués.
Il s’agit dans un premier temps de tests utilisant l’orientation
conditionnée : l’enfant se tourne vers la source sonore où
on lui montre en guise de récompense une image ou un petit
film. Lorsque son âge le permet, l’enfant sera invité à appuyer
sur un bouton dès qu’il perçoit le son, bouton qui déclenche
une animation (train par exemple).
Plus tard on pourra utiliser l'audiométrie classique.
On distingue l'audiométrie tonale et l'audiométrie vocale.
L'audiométrie tonale
L'audiométrie tonale établit une mesure quantitative de
l'audition pour chaque oreille.
On envoie un stimulus sonore calibré en fréquence et on augmente
l'intensité jusqu'au moment où l'enfant manifeste le fait
qu'il a entendu. Le stimulus sonore peut être envoyé par voie
aérienne (avec casque ou en champ libre) ou par voie osseuse
(un vibrateur est appliqué sur l'os derrière le pavillon de
l'oreille).
Les résultats de l'audiométrie sont portés sur un tableau
appelé audiogramme.
Sur la ligne horizontale sont inscrites les fréquences et
sur la ligne verticale les intensités. Pour chaque fréquence
testée, on marque d’un point l'intensité qui a été nécessaire
pour que l'enfant perçoive le son. Lorsqu'on relie tous les
points, on obtient la courbe du sujet correspondant à son
seuil d'audition.
L'audiométrie vocale
L’audiométrie vocale s’adresse aux enfants qui possèdent
déjà suffisamment de vocabulaire. Elle permet une mesure qualitative
de l’audition. On prononce des mots (listes de mots étalonnées)
que l’enfant doit répéter. Les altérations phonologiques sont
relevées et on obtient un pourcentage d’intelligibilité.
Les degrés de surdité
Pour déterminer le degré de surdité, d’un enfant, on s’intéresse
uniquement à l’oreille la moins sourde.
Dans le cas des audiogrammes que vous trouverez dans le chapître
réservé à l'audiométrie, il s’agit de l’oreille droite. On
fait ensuite la moyenne des pertes sur les fréquences 500,
1000 et 2000 Hz. On obtient donc : (60 + 80 + 100) / 3 = 80
dB.
On se reporte au tableau du BIAP (Bureau International d’Audiophonologie)
:
- Audition normale : Déficience inférieure à 20 dB
- Déficience auditive légère : Déficience comprise entre 20
et 40 dB
- Déficience auditive moyenne : Déficience comprise entre
40 et 70 dB
- Déficience auditive sévère : Déficience comprise entre 70
et 90 dB
- Déficience auditive profonde : Déficience supérieure à 90
dB (on distingue 3 sous-catégories de surdités profondes :
type I, II et III)
Surdité et audiogrammes
Nous avons parlé au cours de ce chapitre des différents
degrés de surdité. La tentation est grande pour les parents
de comparer le niveau de langage de leur enfant avec celui
d’un enfant ayant un audiogramme identique. Cette comparaison
enfant à enfant est impossible. A cela plusieurs raisons :
- Le degré de surdité est-il réellement le même (la différence
est très importante entre un enfant qui présente une surdité
profonde type I et un autre dont la surdité est également
profonde mais de type III) ?
- Quel est le degré d’investissement de chaque famille auprès
de son enfant ?
- Quelle est la récupération prothétique de chacun ?
- Quelles sont les capacités d’apprentissage de chacun ?
- Est-on sûr qu’il n’y a aucune différence sur le plan de
la qualité des perceptions ?
- Etc...
De nombreux facteurs intrinsèques ou extrinsèques influent
sur le développement langagier. Chaque enfant doit être pris
pour lui même et, au delà d’une évaluation statique et normative,
il me semble plus judicieux de procéder régulièrement à une
évaluation dynamique visant à déterminer les progrès réalisés.
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