|
LES CHOIX EDUCATIFS
Les parents ont le droit, en France, depuis la loi du 18
janvier 1991 (dite "Loi
Fabius"), de choisir le mode de communication qu'ils
souhaitent pour leur enfant : "Dans l'éducation
des jeunes sourds, la liberté de choix entre une communication
bilingue - langue des signes et français - et une communication
orale est de droit"
La loi
du 2 janvier 2002 de modernisation sociale prévoit l'obligation
pour les services et établissements médico-sociaux de fournir
aux usagers un livret d'accueil qui décrit le projet de l'établissement.
Oralisme
Le modèle, dans cette option, est l'enfant entendant dont
on cherche à suivre au plus près le développement linguistique
et cognitif. L'audition est stimulée de manière intensive
et le langage oral est utilisé comme seul moyen de communication
et d'apprentissage.
Cette option qui était la norme, en France, jusqu'aux années
1970, se comprenait pour les surdités légères, moyennes et
même sévères. Avec les surdités profondes, elle aboutit à
des réussites remarquables, mais aussi à beaucoup d'échecs
et de souffrances psychologiques.
Elle a donc été progressivement abandonnée au profit d'options
éducatives bimodales ou bilingues.
Elle est en passe de redevenir d'actualité en raison des progrès
technologiques : aides auditives numériques et implants cochléaires
très précoces, qui améliorent considérablement l'apport auditif
y compris pour les surdités profondes.
Elle va de pair avec l'intégration en milieu ordinaire avec
soutien d'orthophonistes en libéral ou de services de soutien
à l'intégration.
Méthodes compatibles :
Méthode verbo-tonale,
méthode de lecture Borel-Maisonny
Méthodes mixtes
L'objectif est toujours de doter l'enfant sourd du français
oral et écrit, mais l'importance de mettre en place une communication
précoce parents-enfant, les limites de la lecture labiale
pour structurer une langue riche, les dégâts psychologiques
qu'a pu faire l'oralisme en ne mettant l'accent que sur la
déficience et le manque, ont amenés la plupart des équipes
à ajouter des compléments visuels aux apports auditifs: LPC,
Français signé, Langue des Signes.
Oral + LPC
Les promoteurs de cette option se situent dans le courant
oraliste.
Le LPC pratiqué par les parents précocement avec leur enfant
sourd met celui-ci dans un "bain de langage" auditif et visuel,
qualitativement proche de celui que reçoit l'enfant entendant.
Exemples : Institut
du Bruckhof (Alsace), CODALI
( Paris).
Oral + FCSC
Mais le LPC ne concerne que la réception de ce qui est dit
et pas l'expression de l'enfant sourd. Soucieuses de donner
à l'enfant très jeune un moyen d'expression naturel et gratifiant,
certaines équipes proposent d'utiliser des systèmes combinés
LPC + Langue des Signes (FCSC) mais l'objectif reste de parvenir
à une maîtrise du français oral et écrit identique à celle
des entendants.
Exemples : Centre
Comprendre et Parler (Bruxelles), SSEFIS (Nantes).
Bilinguisme
Sous ce terme, on trouvera deux types d'approches.
La première considère que l'objectif est de donner à l'enfant
sourd deux langues : le français oral et écrit et la LSF ,
afin qu'il se sente à l'aise dans le monde des sourds comme
dans celui des entendants. C'est l'objectif qu'affichent la
plupart des établissements en France, mais selon les lieux
les moyens mis en œuvre pour parvenir à la maîtrise de chacune
des deux langues seront très différents.
Pour aider à y voir plus clair, on peut dire que :
- si l'équipe ne comprend pas un ou plusieurs intervenants
sourds, les signes sont plutôt utilisés comme des aides à
la communication (Français signé) que comme la découverte
d'une véritable langue
- si l'équipe n'encourage pas à l'utilisation du LPC ou du
FCSC (cours pour les parents, pratique du code par les intervenants),
c'est l'acquisition du français qui risque d'être sacrifiée
au profit de la langue signée.
Exemples : CEOP
(Paris), CESDA
(Montpellier), CESDA
(Toulouse)
La deuxième approche bilingue est plus radicale et le bilinguisme
est ici : LS et Français écrit.
Cette option considère que la LSF, langue naturelle de l'enfant
sourd, doit être aussi la langue d'enseignement et d'acquisition
des connaissances. Le français écrit est abordé comme une
langue seconde. L'acquisition de la lecture fait appel à la
méthode globale. Le français oral n'est pas considéré comme
indispensable et ne sera encouragé que chez les enfants qui
montrent une réelle appétence pour la communication orale.
Les classes bilingues sont implantées dans des écoles ordinaires.
L'enseignement est le fait de d'enseignants sourds ou entendants,
maîtrisant la Langue des Signes.
Exemple : Laurent Clerc
|