"Principes d'éducation Précoce"

Extrait de l'ouvrage "L'enfant sourd avant 3 ans"
Editions du CTNERHI, 1980, p 173

(...)

Tout d'abord, l'intervenant se fera l'avocat de l'enfant. En effet, à cause de la gène qu'engendre le handicap, il arrive quelquefois que les amis des parents, et même leurs proches, n'osent plus parler de l'enfant avec aisance ni chaleur... renforçant ainsi chez les parents le sentiment que décidément, leur enfant est bien différent des autres. Il faut donc plaider la cause de l'enfant, c'est-à-dire l'aimer, c'est-à-dire s'extasier. Ce qui, tout naturellement, inspire des exclamations du type " qu'il est beau, ce bébé ! ", " avez-vous vu ses yeux ? ", et " comme il a grandi ! "... L'on évoque souvent la blessure narcissique que la déficience de l'enfant inflige aux parents. Il n'est nullement question ici de nier cette blessure, mais seulement de l'alléger, et ceci en faisant percevoir aux parents que leur enfant demeure aimable, demeure attachant.

Si besoin est, il faut aussi se faire l'interprète de l'enfant, et décoder pour les parents les messages parfois peu perceptibles qu'il leur envoie. Il faut enfin pouvoir se faire l'avocat et l'interprète des parents souligner à leur attention la valeur des attitudes et comportements favorables dont spontanément ils usent vis-à-vis de l'enfant, et les aider par là ainsi que le réclame Ann Wilson, à "consolider leurs institutions leurs façons de voir et leurs expériences".

Evidemment, tout ceci suppose que l'intervenant ait été solidement formé à l'observation des interactions entre l'adulte et l'enfant, que celui-ci soit ou non atteint d'un handicap. (...)

Christine Lepot-Froment