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L'AUDIOPROTHESISTE
La profession est mal connue du grand public. Dans une enquête
Sofres auprès de 500 personnes en 2003, 1 % des sondés est
en mesure de citer le nom du spécialiste de l'appareillage
auditif. La profession existe pourtant officiellement en France
depuis la loi du 3 janvier 1967 : "Est considérée comme
exerçant la profession d'audioprothésiste toute personne qui
procède à l'appareillage des déficients de l'ouïe…. Nul ne
peut exercer la profession d'audioprothésiste s'il n'est titulaire
du diplôme d'Etat (spécial) ou du diplôme d'Etat de docteur
en médecine".
L'audioprothésiste est un auxiliaire paramédical, astreint
au secret professionnel. Il intervient sur prescription médicale
préalable et obligatoire d'un médecin généraliste ou d'un
ORL . L'audioprothésiste a l'entière responsabilité du choix
de l'appareillage, de son adaptation, sa délivrance, du contrôle
d'efficacité immédiate et permanente de l'aide auditive et
de l'éducation prothétique du patient appareillé.
La profession compte environ 1500 d'audioprothésistes, qui
exercent une activité commerciale avec inscription au registre
du commerce soit de manière exclusive, soit de manière complémentaire
à une activité de pharmacien ou d'opticien.
Formation
Le diplôme d'Etat d'audioprothésiste est obligatoire pour
exercer la profession. Il se prépare dans des centres de formations
à Fougères, Lyon, Montpellier, Nancy ou Paris, après l'obtention
du Baccalauréat (de préférence scientifique) ou d'un titre
équivalent, et la réussite à l'examen d'entrée. Depuis 2001,
la durée des études d'audiologie prothétique est fixée à 3
ans au lieu de 2 précédemment. Les stages en milieu professionnel
constituent plus de la moitié du volume horaire de la formation.
Les audioprothésistes peuvent ensuite suivre des formations
complémentaires : diplômes d'université ou attestations d'études,
en audiométrie (Paris - Trousseau, Bordeaux, Lyon), réglage
d'implant (Paris - St Antoine) et dans la déficience auditive
de l'enfant notamment.
L'appareillage de l'enfant
Il est particulièrement délicat. Il doit être confié à un
audioprothésiste expérimenté, en mesure d'assurer sur le plan
technique la meilleure adaptation possible, mais aussi en
mesure d'accompagner les parents et de travailler en réseau
avec les autres intervenants.
L'audioprothésiste intervient dès que le diagnostic de surdité
est posé, chez un enfant qui peut être âgé de quelques mois
seulement. L'âge du premier appareillage va baisser de plus
en plus, avec le développement du dépistage néonatal. Même
si l'implant cochléaire est rapidement évoqué, la règle veut
en France, qu'un essai d'appareillage avec des aides auditives
conventionnelles soit effectué.
L'audioprothésiste doit à la fois être un technicien de haut
niveau et savoir être à l'écoute des besoins de l'enfant,
en respectant la primauté du lien parental. Des qualités de
pédagogue sont nécessaires afin d'être en mesure de faire
comprendre le fonctionnement, l'utilisation et l'entretien
de l'appareil. Si le métier se technicise de plus en plus
avec l'arrivée de nouvelles technologies et si la formation
technique devient de plus en plus pointue, le spécialiste
doit savoir rester à l'écoute afin d'informer et de conseiller
les parents dans leur projet avec leur enfant sourd, en lien
avec une équipe pluridisciplinaire.
"Les parents entament la démarche de l'appareillage du
tout petit en pleine période de choc après le diagnostic.
L'audioprothésiste doit les amener à élaborer leur démarche
pour en faire une demande aussi juste que possible (…). L'équipe
pluridisciplinaire joue en cette période un rôle capital pour
relayer les dires des uns et des autres" B. Azéma.
Les étapes de l'appareillage
La première étape, au laboratoire, doit débuter par un dialogue
très ouvert en l'audioprothésiste et les parents, qui ont
de nombreuses angoisses et questions à formuler auxquelles
il faut prendre le temps de répondre ("A quoi sert une
aide auditive ? Et l'implant cochléaire ? quelle différence
entre les deux ? Quelle efficacité ? Quel meilleur choix pour
mon enfant ? etc."). Ensuite, le professionnel effectue
une observation très rigoureuse de l'enfant, dans sa globalité,
et ce avec la participation et l'interaction des parents.
Le spécialiste observe les réactions de l'enfant à divers
stimuli.
La seconde étape est le choix de l'aide auditive, l'objectif
étant de faire percevoir la parole aux deux oreilles de l'enfant.
"Le choix des aides auditives et leur efficacité sont de
la compétence de l'audioprothésiste et de sa responsabilité.
L'appareillage est de la décision des parents : il faut respecter
la primauté du lien et ne pas leur voler ce premier rôle"
B. Azéma. Des contrôles réguliers sont ensuite nécessaire
afin d'affiner les réglages. Les observations des parents,
de l'orthophoniste qui suit l'enfant, seront prises en compte.
REFERENCES
Sites : www.franceaudition.com
; www.audition-info.org
Annuaire Français d'Audiophonologie
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