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| L’école des illusionnistes d’Elisabeth Nuyts Auto éditeur - Juillet 2000 "Savoir lire n’est pas un luxe de pays florissant". Cette observation banale prend son sens militant sous la plume d’Elisabeth Nuyts. Editée à compte d’auteur, elle n’y va pas par quatre chemins : c’est au pédagogisme initié dans les années 60 qu’il faut attribuer la plupart des maux dont notre société est menacée… "dyslexie – illettrisme – absence de repères – violence – non-être" : l’illustration de couverture résume parfaitement l’assertion. A cette indignation, les motifs ne manquent pas ; Des centaines d’enfants, d’adolescents et aussi, parfois, d’adultes sont passés par les mains de cette "thérapeute de la cognition". Inspirée par les conceptions de La Garauderie, attentive aux différences qui caractérisent les apprentissages des "visuels", des "auditifs" et des "kinesthésiques", l’auteur, au fil des cas soumis à ses soins et à sa réflexion, a identifié la nature des ravages que peuvent produire des apprentissages où "la parole est désolidarisée de la lecture et de l’écriture". Sans être forcé de suivre Elisabeth Nuyts quand elle proclame "notre civilisation en péril parce qu’elle traverse une crise sans précédent du verbe", quiconque est familiarisé avec les finesses de l’audio-phonologie se délectera à la lecture de cet ouvrage, à mi-chemin entre manifeste et outil de vulgarisation. C’est qu’il est truffé de réalités dont la plupart des orthophonistes de France peuvent témoigner. Des réalités auxquelles les enfants n’auraient échappé qu’à la faveur de la vigilance active de leurs parents, de l’intelligente souplesse de leurs instituteurs… et de leur propre résilience … "Madame, apprenez-nous à réfléchir". Cette prière adressée à notre pamphlétaire par une élève de terminale est la première phrase de son introduction. Elle nous fait entrer de plain pied dans le sujet. Au lecteur de découvrir, de chapitre en chapitre, émergeant du brouhaha des pétitions de principe et des emprunts aux neurosciences, les perles d’une pratique inspirée et en constante interrogation. Après tout, les patients d’un thérapeute n’ont que faire des théories. Ce qu’ils apprécient, c’est d’aller mieux. En dépit de son ton de Cassandre, ce livre est une œuvre de bon sens, irriguée d’une pensée humaniste. Un chapitre, en particulier, rend compte des directives données aux stagiaires dans un IUFM, pour enseigner la lecture. Je le recommande aux amateurs d’apprentissages langagiers. Il y verront, noir sur blanc, à quelles aberrations peuvent conduire les excès du pédagogisme. Josette Chalude |