Lecture et surdité

Collectif

Actes de lecture - n°80, décembre 2002
65 rue des Cités 93308 Aubervilliers cedex
8€

L’Association française pour la lecture avait organisé en octobre 2002 avec l’établissement Laurent Clerc de Champs-sur-Marne un colloque sur lecture et surdité. La revue de l’AFL publie les actes de cette journée.

Pour la plupart des intervenants, la cause était entendue : “La pratique de la LSF est le meilleur garant pour les sujets à aller vers d’autres formes langagières tel le français écrit. Aucune opposition, mais jeu, passage d’un univers à l’autre, d’une façon de « dire à l’autre », oui, voilà comment « l’apprendre » (la prendre) cette langue écrite.”(André Meynard).

L’AFL militant pour la pédagogie de la voie directe, sans médiation phonologique, “on ne voit pas bien pourquoi la pédagogie de la voie directe n’est pas considérée a fortiori comme la seule voie d’accès aux messages écrits pour les enfants sourds”. (G. Mondémé)

Plus circonspect, Cyril Courtin, chercheur à Paris V, cite en exergue C. Musselman “Personne ne sait encore comment l’enfant sourd apprend à lire” (voir C.S. n° 3), pour présenter des pistes de travail mais non des solutions. Il cherche à tirer de ses recherches sur le développement cognitif des enfants sourds et de la littérature quelques balises fiables : nécessaire acquisition de connaissances générales, aptitude aux théories de l’esprit, précocité, utilisation d’un mode de communication naturel pour l’enfant.

J.Y. Le Capitaine demande, et on ne peut d’abord que souscrire, que l’on s’interroge sur : “mais comment lisent-ils donc ?”

Geneviève Durand