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La surdité : quelle(s) histoire(s)! Collectif Ce livre a été publié récemment aux éditions l’Harmattan.
Deux années d’échanges, entre octobre 2005 et décembre 2007, ont permis
cet écrit collectif de familles et de jeunes sourds. Formatrice à l’Institut
Perspective Soignante de Paris, Nicole Croyère a coordonné ce projet dont
le résultat, tel un journal intime, ne peut laisser indifférent le lecteur
- touché de près ou de loin - par le vécu émotionnel qu’induit l’annonce
puis le vécu d’une surdité chez l’enfant. Ces vingt-six coauteurs rapportent ce qu’une vie liée à
la surdité recouvre. Ils nous entraînent, si l’on peut dire, “de l’autre
côté du miroir”. Chacun “à sa façon” dit comment il a cherché à n’écarter
aucune indication ou perspective, ni aucun risque quant au devenir, et
ceci dans tous les domaines (sociaux, éducatifs, rééducatifs, psychologiques,
médicaux et administratifs). C’est ainsi que ces quatre jeunes formulent
combien (et comment) “c’est fatigant d’être sourd, de ne pas être compris
et de ne pas comprendre”, combien (et comment) il est nécessaire de travailler
deux fois plus qu’un autre enfant, ou encore combien la place d’une mère
ou d’une orthophoniste, ou encore la qualité des rencontres, a eu un impact
fondamental sur la connaissance de la langue française orale et écrite.
Les apports des aides techniques (LPC et implant) y sont également étayés,
tant par le ressenti des jeunes que celui de leurs proches. L’entourage
de l’enfant met en mots sa souffrance et la réalité quotidienne, par exemple
dans les salles d’attente ou lors des déjeuners en famille… Ces quelques
points repris de façon globale ne peuvent illustrer la richesse de ce
court ouvrage bien sûr ; et chacun saura l’appréhender selon sa propre
sensibilité. Mais pour terminer ce bref commentaire, j’ai envie de reprendre
les mots d’Hélène, la maman de Mathilde : “(...) J’ai découvert le
miroir brisé… j’ai découvert le poids des interprétations, des analyses
sauvages, le poids des regards posés, le poids des mots. Ce que je savais
intellectuellement se transformait en émotion…”. |